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Voilà plus de 30 ans que le CRDI appuie des chercheurs du Botswana. La recherche a porté sur des sujets allant de l’amélioration des cultures vivrières de base et de la mise au point de technologies de transformation appropriées en milieu rural à la volonté actuelle d’améliorer la réaction du système de santé botswanais au VIH/sida et à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour favoriser le développement. Le Botswana possède l’une des démocraties multipartites les plus stables de l’Afrique, ainsi qu’une solide économie. Il est aussi un chef de file reconnu dans le traitement du VIH/sida en Afrique australe grâce au déploiement du traitement antrirétroviral. Le pays affiche un des taux d’infection les plus élevés au monde : 37 % de ses 1,8 million d’habitants sont porteurs du virus. Depuis 2000, le CRDI a appuyé plusieurs initiatives de lutte contre le VIH/sida. Parmi les projets en cours, mentionnons une étude des points de vue relatifs au traitement antrirétroviral. Le CIET Trust, une organisation non gouvernementale (ONG) ayant son siège en Afrique du Sud, effectue des recherches sur les défis soulevés par la perception des antirétroviraux au Botswana, au Lesotho et au Swaziland, dans le but de transmettre les
Le CRDI appuie aussi l’élaboration de la politique nationale en matière de TIC. Des chercheurs du pays font partie de Recherche TIC Afrique (Research ICT Africa, RIA), un réseau de centres de recherche subventionné par le CRDI, qui vise à fournir aux décideurs les renseignements et les analyses nécessaires pour leur permettre de prendre des décisions éclairées au sujet de la politique et des règlements relatifs aux TIC. Le LINK Centre de l’Université du Witwatersrand, à Johannesburg, coordonne le réseau. À la fin des années 1980 et au cours des années 1990, le CRDI a appuyé des initiatives visant à susciter la création de microentreprises, à améliorer la gestion des ressources naturelles et à s’attaquer à des problèmes de santé urgents, sans pour autant oublier les enjeux agricoles des débuts. Par exemple, un des projets de recherche en santé avait pour but de combler un manque de connaissances sur la tuberculose, la première cause de maladie et de décès au pays. Des chercheurs du ministère de la Santé ont calculé le risque annuel d’infection par la tuberculose chez les élèves du primaire, ce qui a alimenté la constitution d’une banque de données statistiques en vue de futures enquêtes systématiques. Au milieu des années 1990, le CRDI a appuyé d’autres travaux de recherche qui ont permis de mieux comprendre les liens entre les maladies et les changements environnementaux occasionnés par l’exploitation des ressources en eau tant au Botswana qu’au Sénégal. Des chercheurs des ministères de la Santé des deux pays ont utilisé des systèmes d’information géographique pour corréler les variables environnementales, l’utilisation par la population des services de santé et la répartition des maladies endémiques. Forts d’un appui à l’utilisation innovatrice des technologies avancées, des chercheurs subventionnés par le CRDI ont voulu avant tout comprendre les moyens traditionnels de collecte et de transmission de l’information, ainsi que les pratiques traditionnelles. Par exemple, pour aider à améliorer le niveau de vie et l’hygiène du milieu dans les collectivités rurales, les chercheurs ont étudié les pratiques traditionnelles d’utilisation des terres. L’équipe a recueilli, auprès des populations locales, des renseignements sur diverses pratiques autochtones, ce qui lui a permis de rédiger un manuel intitulé The Elders Speak to Tomorrow’s Children. Ce manuel, qui décrit les techniques traditionnelles ayant trait aux services sociaux et à l’environnement, a été considéré comme un point de départ pour une étude plus approfondie des connaissances autochtones dans la région. Dans le cadre d’une activité complémentaire, des chercheurs ont déterminé comment six collectivités rurales du Botswana, du Malawi et de la Tanzanie produisaient des connaissances à partir du processus de développement rural même. La recherche a proposé plusieurs stratégies pour améliorer les communications entre les vulgarisateurs et les agriculteurs. Une deuxième phase a fait l’essai de diverses méthodes pour transmettre et stocker l’information à l’échelon des villages. Avec l’appui des collectivités locales, on a créé des centres d’information expérimentaux dans les villages. Ces centres, qui ont recueilli et diffusé des connaissances en fonction de paramètres définis par les villageois, ont permis de mieux comprendre le processus de communication au sein de la population rurale du Botswana. Durant trois décennies, le CRDI a versé 8,3 millions CAD à 42 activités de recherche menées au Botswana, dont certaines visaient plusieurs pays. Trois activités sont en cours, représentant un investissement de 3 millions CAD. QUELQUES PROJETSAméliorer le déploiement du traitement antirétroviralLes taux d’infection par le VIH au Botswana, au Lesotho et au Swaziland sont parmi les plus élevés au monde. Chef de file reconnu du déploiement du traitement antirétroviral (TAR), le Botswana a offert ce traitement à plus de 17 000 personnes dans 18 centres du pays depuis janvier 2002. Six mille autres personnes l'ont obtenu grâce à des efforts privés. Bien que ces chiffres soient impressionnants, ils ne comprennent pas l’ensemble des 27 700 personnes admissibles au traitement. Le Lesotho et le Swaziland se préparent à leur tour à déployer le TAR. L’inscription au TAR fait l’objet d'une surveillance rigoureuse, mais il est impossible de suivre chaque bénéficiaire et chaque comprimé. Une piètre connaissance du traitement à l’échelon communautaire accentue les problèmes pratiques que sont l’accès au traitement et son observation par les bénéficiaires. De nombreuses personnes considèrent le TAR comme une nouveauté sur un marché qui offre déjà des services de médecine privée, traditionnelle et douce. La grande valeur commerciale des antirétroviraux pourrait inciter les bénéficiaires à vendre ou à partager leurs médicaments, ou les travailleurs de la santé à vendre les médicaments dont ils disposent. Les chercheurs subventionnés par le CRDI tentent de régler ces problèmes en documentant le contexte dans lequel s’inscrit le TAR dans les collectivités et en colmatant les fuites. On s’attache à trouver une démarche viable pour le déploiement du TAR. Cette recherche appuie les efforts consentis pour mieux déployer le traitement au Botswana. On pourra ensuite mettre à profit ces bonnes pratiques dans les déploiements à venir au Lesotho et au Swaziland.
Utiliser les TIC dans la lutte contre le VIH/sidaLe VIH/sida est l’un des plus importants défis que doit relever l’Afrique subsaharienne en matière de santé et de développement. Le Botswana ne fait pas exception. Des chercheurs subventionnés par le CRDI essaient de déterminer comment les technologies de l’information et de la communication (TIC) peuvent aider à relever le défi immense posé par le VIH/sida au Botswana, au Kenya, en Afrique du Sud, en Tanzanie et en Ouganda. Les chercheurs tentent de répondre à trois questions :
Les chercheurs ont documenté la façon dont les TIC ont été utilisées dans les programmes de lutte contre le VIH/sida et ont produit un répertoire des diverses applications dans les cinq pays. Ils cerneront les bonnes pratiques et formuleront des recommandations à l’intention des programmes nationaux de lutte contre le VIH/sida.
Créer un réseau africain de recherche sur les politiques relatives aux TICLa plupart des travaux de recherche sur les technologies de l’information et de la communication ont été effectués dans les pays développés. En Afrique, la recherche sur les politiques s’est résumée essentiellement à des projets sans lien entre eux qui, souvent, n’aident pas beaucoup les responsables des politiques et de la réglementation à fixer des priorités et à prendre des décisions relatives aux TIC. Afin de mettre en place de solides assises pour la recherche sur les politiques relatives aux TIC en Afrique, le CRDI a appuyé la création d’un réseau susceptible de fournir l’information et les analyses nécessaires à l’élaboration de politiques et de programmes novateurs et pertinents. On vise à favoriser la diffusion généralisée des TIC en Afrique. Des chercheurs de l’Université du Botswana participent au réseau Recherche TIC Afrique (Research ICT Africa, RIA), qui est hébergé au LINK Centre de l’Université du Witwatersrand, à Johannesburg, en Afrique du Sud. Depuis sa création en 2003, RIA a effectué des recherches sur des sujets tels que l’utilisation des TIC par les ménages et les petites et moyennes entreprises. Les résultats sont affichés sur le site Web de RIA. Une étude novatrice sur la demande de TIC et leur utilisation par les particuliers et les ménages, Towards an African e-Index, a été publiée en 2005; le Botswana était l’un des 10 pays inclus dans l’étude. RIA poursuit ses recherches sur l’accès aux TIC, en réalisant des examens sectoriels et en étudiant les dimensions sociales, économiques, sexospécifiques et de développement des TIC. Le but ultime de RIA est d’aider les pays africains à mettre en réseau les économies grâce à la propagation des TIC.
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