ID : 128413
Ajouté le : 2008-07-27 1:28
Mis à jour le : 2008-12-08 1:43
Refreshed: 2010-09-01 17:04
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Photo CRDI : Philip Jackson
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Depuis une trentaine d’années, le CRDI appuie la recherche en Éthiopie dans le but d’améliorer l’agriculture et la santé, de réduire la pauvreté, de prévenir les conflits et de favoriser la gestion communautaire des ressources naturelles.
L’Éthiopie est un des pays les plus pauvres du monde, et le tiers des enfants éthiopiens vivent dans la pauvreté absolue. Pour mieux comprendre toute l’incidence de la pauvreté sur les enfants, le CRDI soutient des chercheurs éthiopiens qui participent à une étude internationale. Non seulement ils analysent comment les politiques économiques influent sur les enfants du pays, mais ils entretiennent aussi un dialogue avec les décideurs. Résultat, le gouvernement a déjà inscrit les enfants parmi les groupes vulnérables dans son deuxième programme national de développement durable et de lutte contre la pauvreté (SDPRP 2005-2010).
La pauvreté, conjuguée à de fréquentes et importantes catastrophes naturelles et environnementales, a fait de l’Éthiopie un des principaux bénéficiaires de l’aide d’urgence et d’autres formes d’aide. Or le gouvernement éthiopien et les bailleurs de fonds internationaux sont de plus en plus préoccupés par les effets de l’aide d’urgence répétée et des dépendances qu’elle semble entraîner. Le CRDI aide donc à étudier l’incidence sur l’agriculture à petite échelle de l’aide aux semences apportée par des organismes de secours.
Par ailleurs, le CRDI est dans sa troisième phase de soutien au Centre mondial d’agroforesterie, établi à Nairobi, qui met au point des pratiques agricoles durables pour et avec les agriculteurs des hautes terres de plusieurs pays africains, dont l’Éthiopie. Des chercheurs éthiopiens participent également à deux réseaux régionaux sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) appuyés par le CRDI, dont l’un sur les sexospécificités et l’autonomisation, et l’autre sur la recherche stratégique. Les travaux de recherche menés par ces réseaux contribueront à exploiter le potentiel des TIC pour favoriser le développement et atténuer la pauvreté.
Des recherches antérieures en Éthiopie — financées par le CRDI — ont permis de mieux comprendre les liens qui existent entre la rareté des ressources et les conflits. En effet, en dépit de la reprise des conflits entre l’Éthiopie et l’Érythrée à la fin des années 1990, les chercheurs, en association avec l’Institute for African Alternatives, ont étudié les rapports entre conflits et gestion des ressources naturelles en Éthiopie, en Érythrée et au Soudan. Dans le cadre de ce projet, ils ont renforcé leurs capacités d’analyse des scénarios de conflit et créé un réseau régional de chercheurs, de dirigeants communautaires et de décideurs — le Horn Forum for Peace, Development and Democracy — afin d’échanger des idées sur la rareté des ressources et les conflits.
Le CRDI et l’Agence canadienne de développement international ont tous deux contribué à renforcer la formation et la recherche communautaires en matière de santé en Éthiopie à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Le ministère de la Santé du pays et l’Université McGill du Canada se sont en effet associés pour appuyer le programme de maîtrise en santé publique de l’Université d’Addis-Abeba, l’octroi de bourses de recherches de cycles supérieurs, l’enseignement de premier cycle en santé communautaire et la formation de 250 gestionnaires de la santé de district. Il est d’ailleurs ressorti d’une évaluation réalisée par le gouvernement éthiopien que ces gestionnaires étaient plus efficaces que leurs homologues non formés. Malheureusement, la guerre civile et les changements de gouvernement ont depuis affaibli la portée de ces résultats.
Avant 1992, le CRDI a appuyé 47 activités visant à améliorer la recherche sur les cultures oléagineuses, les huiles végétales et les systèmes protéiques, dans des pays d’Asie du Sud et d’Afrique, dont l’Éthiopie. La recherche a permis d’accroître la production, d’améliorer l’alimentation humaine, de créer des emplois ruraux et de donner lieu à des revenus plus élevés. Aujourd’hui, cependant, l’Éthiopie et d’autres pays de la région n’utilisent pas leur plein potentiel pour produire des huiles végétales parce qu’il existe de l’huile moins coûteuse sur le marché international.
L’Éthiopie fait partie de sept projets en cours que finance le CRDI à raison de plus de 3,8 millions CAD. Depuis 1972, le CRDI a appuyé 72 activités de recherche réalisées dans ce pays, dont certaines de portée régionale, pour un financement total de 17,8 millions CAD.
QUELQUES PROJETS
| Photo CRDI : Philip Jackson | Comprendre l’incidence de la pauvreté sur de jeunes viesEn tout, 44 % de la population éthiopienne est âgée de moins de 15 ans. D’après des recherches récentes, plus de la moitié de ces enfants souffrent de privations sévères et plus du tiers vivent dans la pauvreté absolue. Seuls 25 % d’entre eux sont scolarisés. Pendant nombre d’années, on a posé le principe que les enfants bénéficieraient automatiquement des stratégies de réduction de la pauvreté ciblées sur les adultes. Aujourd’hui, bien des chercheurs pensent que les décideurs doivent mieux comprendre la relation entre la pauvreté des enfants et le comportement des adultes afin d’élaborer des politiques qui s’y attaquent plus efficacement.
Le projet de recherche sur la pauvreté chez les enfants en Éthiopie s’inscrit dans la démarche à long terme d’un consortium international qui étudie la pauvreté des enfants en Éthiopie, au Pérou, en Inde et au Vietnam. Dans le cadre du volet axé sur l’Éthiopie qu’appuie financièrement le CRDI, les chercheurs de l’Ethiopian Development Research Institute et de Save the Children UK se concentrent sur la situation des enfants à la lumière du le programme national de développement durable et de lutte contre la pauvreté (SDPRP) et des politiques récentes qui encouragent l’industrialisation de l'agriculture. Des enquêtes et des consultations montrent déjà, par exemple, qu’encourager des activités économiques à forte intensité de main-d’oeuvre peut nuire au bien-être des enfants en augmentant leur charge de travail. Par ailleurs, les femmes travaillent davantage, et l’alimentation des enfants en souffre bien souvent.
Les chercheurs diffusent leurs constatations de diverses manières et ont réussi à faire en sorte que le nouveau SDPRP comprenne des politiques axées tout particulièrement sur la lutte contre la pauvreté des enfants, et que les petits Éthiopiens soient dorénavant considérés en vertu de ce programme comme un groupe vulnérable. Titre : Projet de recherche sur la vie des jeunes – la pauvreté chez les enfants en Éthiopie | Projet no 102447 | Période visée : 2004–2006 Contribution du CRDI : 248 810 CAD Personne à contacter au CRDI : Basil Jones Partenaire de recherche : Tassew Woldehanna, Ethiopian Development Research Institute (EDRI), PO Box 2479, Addis-Ababa, Ethiopia • Site Web : www.younglives.org.uk |
Atteindre un équilibre entre les besoins de la population et l'utilisation des terresLes plateaux ou hautes terres d’Afrique centrale et orientale fournissent à la région la majeure partie de ses aliments de base, de ses cultures d’exportation, de ses produits forestiers et de ses emplois. Toutefois, la population comme la terre s’en trouvent soumises à de fortes pressions.
Depuis 1995, le CRDI a financé trois volets de la composante éthiopienne de l’African Highlands Initiative (AHI). Cette coalition d’organisations nationales de recherche agricole, de centres de recherche agricole internationaux et d’organismes de développement s’efforce de promouvoir des principes et des techniques de gestion des ressources qui concilient la préservation des ressources agricoles et le besoin d’aliments, d’emplois et de revenus. D’ailleurs, le CRDI a également apporté un soutien novateur à la définition des concepts et des partenariats qui constituent l’AHI.
Pendant la première phase du projet, les chercheurs ont rassemblé un ensemble central de données sur les sols, le climat, la végétation et les pratiques agricoles, et ils ont cerné les questions clés qui influent sur la productivité agricole. Dans la deuxième phase, l’AHI et des groupes de recherche constitués de producteurs de tous les pays touchés ont organisé des ateliers pour les participants à des réseaux d’échanges de semences et ont créé des entreprises de production de semences en Éthiopie et au Kenya. Grâce à ce projet, les agriculteurs ont eux-mêmes mis à l’épreuve certaines cultures et techniques, et ils font maintenant preuve de plus d’initiative dans la recherche d’information et de services auprès d’organismes de recherche et de vulgarisation.
La phase actuelle vise à améliorer l’utilisation, par les intervenants du domaine agricole, de la gestion communautaire des ressources naturelles et à convaincre les décideurs de son importance et de son utilité. Dans cette optique, les chercheurs fourniront aux collectivités l’information nécessaire afin qu’elles puissent insister pour obtenir des politiques favorables à des pratiques agricoles durables et pour être en mesure d’élaborer du matériel de formation. Titre : Gestion des ressources des hautes terres en Afrique – phase III | Projet no 101592 | Période visée : 2003–2008 Contribution du CRDI : 281 650 CAD Personne à contacter au CRDI : Luis Navarro Partenaire de recherche : Ann Stroud, Centre mondial d’agroforesterie (ICRAF), PO Box 30667, Nairobi, Kenya • Tél. : +254 20 52 1450 • Téléc. : +254 20 52 1001 • Courriel : astroud@cgiar.org • Site Web : www.worldagroforestrycentre.org |

| | Évaluer l’incidence de l’aide aux semencesAfin d’accélérer la production alimentaire et de réduire la dépendance à l’égard de l’aide extérieure, nombre d’organismes de secours fournissent des semences à des pays qui se remettent de crises et de catastrophes. Depuis quelque temps, toutefois, on étudie de près cette forme d’intervention, en raison du risque qu’elle présente de déstabiliser les systèmes des petites exploitations agricoles. De plus, il arrive que l’aide aux semences perdure longtemps après la situation d’urgence. L’Éthiopie en est un exemple. Pendant 27 années consécutives, elle a reçu une aide alimentaire, une aide aux semences ou les deux.
Le Centre international d’agriculture tropicale (CIAT), qui a son siège en Colombie, dirige un projet de recherche sur l’incidence de l’aide à long terme sur l’Éthiopie. Des chercheurs éthiopiens se sont joints au CIAT pour étudier les effets de l’aide aux semences sur les familles d’agriculteurs de trois régions du pays et pour analyser les politiques, les lois et les règlements qui définissent cette aide. Le projet aidera à améliorer les méthodes d’aide au développement (en particulier celles comportant une aide aux semences) en rétablissant, en stabilisant et en renforçant les systèmes de production dans les collectivités vulnérables. Il documentera également l’évolution de la politique nationale en matière d’aide aux semences de manière à stimuler la réflexion sur les moyens les plus efficaces d’apporter une aide d’urgence tout en favorisant le développement. Titre : Évaluation des effets de l’aide à long terme sous forme de semences en Éthiopie | Projet no 102978 | Période visée : 2005–2007 Contribution du CRDI : 288 140 CAD Personne à contacter au CRDI : Wardie Leppan Partenaire de recherche : Louise Sperling, Centre international d'agriculture tropicale (CIAT), Recta Cali-Palmira, km 17, A.A. 6713, Cali, Colombie • Tél. : + 57 2 44 50 000 • Téléc. : +57 2 44 50 073 • Courriel : ciat@cgiar.org • Site Web : www.ciat.cgiar.org |
Constituer un réseau de recherche africain sur les politiques de TICLa plus grande partie de la recherche sur les politiques concernant les technologies de l’information et de la communication (TIC) se fait dans les pays développés. En Afrique, elle se compose dans une large mesure de projets sans lien entre eux, ce qui n’aide guère les décideurs et les organismes de réglementation à fixer des priorités et à prendre des décisions.
Pour aider à créer une solide base de ressources sur la recherche africaine réalisée sur les politiques de TIC, le CRDI a financé la constitution d’un réseau apte à fournir l’information et les analyses nécessaires à l’élaboration de politiques et de programmes novateurs et adaptés. Ce réseau, appelé Research ICT Africa ou Recherche TIC Afrique (RIA), a pour but premier de faciliter le déploiement des TIC sur l'ensemble du continent africain.
Les chercheurs de l’Université d’Addis-Abeba participent au réseau RIA, qui a ses locaux au LINK Centre de l’Université du Witwatersrand, à Johannesburg, en Afrique du Sud. Depuis sa création en 2003, ce réseau a étudié l’accès aux TIC et évalué les relations entre la réglementation, les prix et la pénétration d’Internet. Des résultats de travaux de recherche novateurs sur la demande individuelle et des ménages en ce qui concerne les TIC et leur utilisation ont été publiés en 2005, l’Éthiopie comptant parmi les dix pays étudiés. Grâce au réseau RIA, des chercheurs éthiopiens ont bénéficié d’une formation à l’utilisation de logiciels statistiques, à la collecte de données pour des enquêtes sur les ménages et les PME, et à la préparation de rapports de recherche.
Le réseau RIA continue sa recherche sur l’accès aux TIC en examinant le rendement du secteur et en étudiant les questions sociales, économiques, sexospécifiques et de développement connexes. Son objectif ultime est d’aider les pays africains à mettre en place des économies en réseaux en propageant les TIC sur le continent.
Titre : Recherche TIC Afrique – phase II | Projet no 103114 | Période visée : 2000–2007 Contribution du CRDI : 1 530 500 CAD Personne à contacter au CRDI : Heloise Emdon Partenaire de recherche : Alison Gillwald, Department of Economics, Université du Witwatersrand, Private Bag 3, Wits 2050, South Africa • Tél. : +27 11 71 73 913 • Téléc. : + 27 11 71 73 910 • Courriel : gillwald.@africa.com • Site Web : www.wits.ac.za • Partenaire de recherche national : Lishan Adam, PO Box 2308, Addis-Ababa, Ethiopia • Tél. : +251 11 77 31 98 • Téléc. : +251 11 66 02 624 • Courriel : lishan@ictdc.net • Site Web du réseau : www.researchictafrica.net |

| Photo CRDI : Philip Jackson | Étudier les questions sexospécifiques dans les populations de pasteursEn Éthiopie, les populations nomades de pasteurs sont poussées à se sédentariser et à diversifier leurs activités génératrices de revenus de manière à inclure des entreprises agricoles et commerciales. Dans ce contexte, les structures et les interventions modernes minent les institutions qui contrôlaient traditionnellement l’accès aux ressources, et le mode de vie pastoral s’en trouve souvent dévalorisé, tout comme l’apport des pasteurs au développement durable. Cela peut également contribuer à des injustices et à des conflits entre pasteurs et étrangers — et entre pasteurs eux-mêmes.
Ce projet amorce une démarche vers des processus de gestion du développement et de l’environnement davantage axés sur la participation communautaire. Pour ce, il s’attarde à mieux comprendre les relations entre les hommes et les femmes ainsi que les autres divisions présentes au sein des collectivités, et il mobilise les femmes pasteures afin qu’elles mettent en commun leurs propres expériences. En outre, il leur donne davantage voix au chapitre dans les processus décisionnels en créant des groupes de femmes, des tribunes d’échange et des visites d’apprentissage. Titre : Questions de genre et transition des moyens de subsistance dans les sociétés pastorales de l’Éthiopie | Projet no 102146 | Période visée : 2004–2006 Contribution du CRDI : 400 070 CAD Personne à contacter au CRDI : Renaud De Plaen Partenaire de recherche : Fiona Flintan, PO Box 3462, Addis-Ababa, Ethiopia • Tél. : +251 11 92 02 716 • Téléc. : +251 11 23200 • Courriel : fionaflintan@yahoo.com • Site Web : www.sahel.org.uk
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